« L'apprenant adulte est un être autonome, motivé par l'utilité immédiate de son apprentissage. Une bonne planification est un cadre sécurisant pour l'apprenant. »
Développer la capacité à planifier sommairement une session pédagogique en tenant compte des directives institutionnelles, du curriculum, et des caractéristiques des apprenants adultes, pour structurer des séquences d'apprentissage cohérentes, alignées et adaptées qui créent un cadre sécurisant pour l'apprentissage.
« Planifier, c'est anticiper le chemin que vont parcourir les apprenants pour passer d'un état de connaissances à un autre, en tenant compte des balises institutionnelles et des attentes curriculaires. La planification sommaire transforme une intention pédagogique en parcours d'apprentissage structuré. »
Un cours est conçu pour celui qui apprend. La planification doit toujours partir des besoins et des caractéristiques des apprenants, pas seulement des contenus à transmettre. Une planification sommaire réussie identifie l'essentiel, structure clairement les étapes, et laisse suffisamment de flexibilité pour s'adapter aux dynamiques réelles du groupe.
Points clés :
Andragogie (Malcolm Knowles) : Principes d'apprentissage des adultes
Constructivisme (Jean Piaget) : Construction active du savoir
Modèle de Berlin (Heimann & Schulz, 1972) : Structure l'analyse préalable
Créer une grille d'analyse rapide contexte-curriculum-apprenants
Développer des templates de planification sommaire par type de session
Élaborer une méthode de réduction de matière en 5 étapes
Construire une banque d'objectifs SMART adaptés aux adultes
Créer un modèle de fiche de planification type intégrant Berlin
Développer une matrice méthodes/objectifs pour faciliter les choix
Taxonomie de Bloom révisée (Anderson & Krathwohl, 2001) : Hiérarchie des objectifs cognitifs
Objectifs SMART (Doran, 1981) :
Exemple d'application intégré :
« À la fin de cette séquence de 2 heures, les apprenants adultes seront capables d'appliquer la méthode QQOQCP (objectif cognitif) à un cas pratique authentique de leur environnement professionnel (contexte réel), avec un taux de réussite de 80% (mesurable), en s'appuyant sur leur expérience antérieure (andragogie). »
Processus complet en 7 étapes :
Méthode de réduction intelligente :
Structuration pédagogique optimale :
| Dimension | Lien vers carnet | Lien vers portfolio |
|---|---|---|
| 🏛️ Contexte institutionnel | 📖 Détail | 📎 Preuve |
| 🖼️ Cadre et structure | 📖 Détail | 📎 Preuve |
| 🎯 Objectifs pédagogiques | 📖 Détail | 📎 Preuve |
| 🔍 Modèle de Berlin | 📖 Détail | 📎 Preuve |
| Outil | Utilité |
|---|---|
| Grille d'analyse rapide | Analyser contexte, curriculum et apprenants en 30 minutes |
| Template de planification sommaire | Structurer une session complète sur une page |
| Méthode 5-3-1 pour la réduction | Identifier 5 concepts clés, 3 compétences, 1 objectif principal |
| Fiche de planification type | Structurer rapidement une session complète |
| Grille d'analyse SMART | Formuler et vérifier la qualité des objectifs |
| Matrice méthodes/objectifs | Choisir les méthodes les plus adaptées |
Clés de réussite identifiées :
Points de vigilance :
✅ Ce que j'ai appris :
⚠️ Ce que je veux améliorer :
🛠️ Outils maîtrisés :
🔧 Outils à approfondir
Comment j'articule analyse, objectifs, structuration et adaptation ?
J'ai appris à suivre un processus circulaire et itératif : analyse contextuelle → formulation d'objectifs SMART → structuration temporelle → vérification adaptation → ajustement. Chaque étape informe et affine la suivante, créant une planification à la fois solide, alignée et flexible. Je pratique le “backward design” : je pars des compétences visées, je définis les preuves de maîtrise, puis seulement je conçois les activités.
Quels principes guident ma réduction de matière et ma structuration ?
La clé est la hiérarchisation et la progressivité. Je me pose systématiquement : “Si les apprenants ne retenaient qu'une seule chose, quelle serait-elle ?” Cette question guide la réduction. Pour la structuration, j'applique la rythmique pédagogique : j'alterne séquences courtes (15-20 min max) et longues, moments d'apport et de pratique, travail individuel et collectif, en respectant la règle des 10-70-20.
Comment j'assure l'adaptation aux différents apprenants dans une planification sommaire ?
Je pratique la planification “à options” et “multi-vitesses” : une structure de base commune et essentielle pour tous, complétée par des variantes prévues selon les niveaux, les intérêts ou les rythmes. J'intègre des activités “joker”, des parcours parallèles, et des moments de choix guidés. Ainsi, je peux adapter en cours de route de manière structurée sans improvisation totale.
J'ai longtemps pensé que planifier, c'était surtout préparer mon contenu, mes supports, mon déroulement. Une révélation fondamentale : après une formation où j'avais tout prévu dans les moindres détails mais où les apprenants décrochaient visiblement, j'ai compris que la planification ne concerne pas ce que je vais dire ou faire, mais ce que eux vont vivre, faire, et apprendre. Ce changement de perspective – du formateur-centré à l'apprenant-centré – a radicalement transformé ma pratique.
Depuis cette prise de conscience, mes questions préalables ont évolué. Avant : “Qu'est-ce que je vais leur enseigner ? Quel contenu vais-je couvrir ?” Maintenant : “À quoi ce temps de formation va-t-il leur servir ? Avec quoi doivent-ils repartir concrètement ? Qu'est-ce qui est le plus important à aborter pour eux ? Qu'est-ce qui est inutile de traiter dans ce contexte ?” Ce recentrage sur l'utilité et l'essentiel a non seulement amélioré l'efficacité de mes formations, mais aussi le sentiment de pertinence et de satisfaction des participants.
La plus grande difficulté, et le plus grand apprentissage, a été de maîtriser l'art de la réduction courageuse. Au début, animée par la peur de “ne pas en donner assez pour son argent”, je voulais tout dire, tout couvrir, tout partager. Une expérience marquante m'a servi de leçon : après une session intensément chargée, les participants étaient épuisés, saturés, et n'avaient retenu presque rien de substantiel. Le paradoxe : plus je donnais, moins ils retenaient. Maintenant, je pratique résolument le “moins mais mieux” pédagogique : plutôt qu'effleurer dix sujets superficiellement, j'approfondis trois notions essentielles, mais jusqu'à la maîtrise et au transfert. La qualité de l'apprentissage l'emporte toujours sur la quantité d'information.
Ce que je retiens surtout, et qui guide désormais toutes mes planifications : la meilleure planification est celle qui permet de s'en écarter intelligemment. Une structure solide, claire, alignée, donne la confiance et la sécurité nécessaires pour improviser, bifurquer, s'adapter quand la situation réelle l'exige, tout en gardant toujours le cap sur les objectifs essentiels. Cette compétence a transformé mon rapport à l'enseignement : je ne “donne” plus simplement des cours, je “facilite” et “accompagne” des apprentissages. Je ne suis plus le détenteur unique du savoir qui se transmet, mais l'architecte d'un espace où le savoir se construit, circule, et se transforme.
Aujourd'hui, je vois la planification non pas comme un carcan rigide qui m'enferme, mais comme un cadre vivant et sécurisant qui me libère. Il me libère de l'improvisation hasardeuse, de la peur de l'oubli, de la dispersion. Il me permet de me concentrer sur l'essentiel : la qualité de l'interaction avec les apprenants, l'écoute des besoins qui émergent, l'ajustement en temps réel. La planification sommaire bien faite est le socle qui rend possible la vraie magie de la formation : la rencontre, la découverte, la transformation.
Je suis passé d'une conception linéaire, descendante et contenu-centrée (“je prépare mon cours que je vais ensuite délivrer à un public passif”) à une conception systémique, interactive et apprenant-centrée (“je co-crée avec le groupe un environnement et un parcours d'apprentissage”). Cette évolution intellectuelle et pratique a été profonde et transformatrice.
Évolution en trois phases distinctes : 1. Phase 1 : Planification descriptive et procédurale Focus sur la maîtrise et l'organisation des savoirs. Le plan est une liste chronologique d'activités et de contenus à “couvrir”. L'apprenant est un réceptacle. Ma valeur : l'exhaustivité et la clarté de l'exposé.
2. Phase 2 : Planification stratégique et alignée Focus sur l'alignement et l'efficacité méthodologique. Le plan articule objectifs, méthodes et évaluation. L'apprenant est un acteur dont il faut optimiser l'engagement. Ma valeur : la cohérence didactique et l'efficacité des activités.
3. Phase 3 : Planification écosystémique et scénaristique Focus sur les processus d'apprentissage et l'adaptation contextuelle. Le plan est un scénario pédagogique avec embranchements, intégrant le contexte, la diversité des apprenants et les contraintes dans un système cohérent. L'apprenant est un co-constructeur. Ma valeur : la création d'un environnement propice où chacun peut apprendre à son rythme.
Aujourd'hui, je définis la planification sommaire comme l'art de concevoir des cadres d'apprentissage suffisamment structurés pour guider et sécuriser, suffisamment ouverts et flexibles pour s'adapter et accueillir l'imprévu. Mon rôle n'est plus de “préparer mon cours” mais de “concevoir une expérience d'apprentissage signifiante et personnalisable”. Je ne transmets plus un programme, je facilite des découvertes. La structure que je propose doit être à la fois boussole (elle donne la direction) et carte avec chemins multiples (elle offre des choix).
Cette évolution conceptuelle se traduit concrètement dans ma pratique :
Le signe le plus tangible que ma planification sommaire a atteint un bon niveau ? Quand, pendant une session, je peux lâcher prise par rapport à mon plan écrit pour suivre avec confiance une piste passionnante soulevée par le groupe, tout en ayant une parfaite conscience de comment et à quel moment réintégrer harmonieusement le parcours principal sans perdre les objectifs de vue. Cette agilité dans la structure, cette liberté dans le cadre, n'est possible que grâce à une préparation minutieuse qui a justement anticipé la flexibilité. C'est cet équilibre dynamique, cette danse entre structure et improvisation, qui définit pour moi l'excellence en planification sommaire. C'est ce qui transforme une compétence technique en un art pédagogique.
Page mise à jour le {{date | Auteur : Eugénie Decré | Version : 2.0}}