âLe transfert n'est pas une option pĂ©dagogique â c'est la finalitĂ© mĂȘme de toute formation professionnelle : transformer des savoirs en capacitĂ©s d'action adaptatives.â
DĂ©velopper la capacitĂ© Ă concevoir et mettre en Ćuvre un concept de transfert intĂ©grĂ© pour une unitĂ© de formation â en articulant thĂ©ories du transfert, mĂ©thodologies d'accompagnement et dispositifs d'Ă©valuation â pour garantir l'application effective des apprentissages en situation professionnelle.
« Le transfert implique la mise en relation et l'adaptation d'un apprentissage dans un contexte nouveau et inhabituel. »
Je ne forme pas pour transmettre des savoirs, mais pour dĂ©velopper des capacitĂ©s d'adaptation â et le transfert est le pont qui relie l'apprentissage Ă l'action transformatrice.
En formation d'adultes (andragogie), le transfert est le « Graal » du formateur. C'est le processus par lequel un apprenant mobilise ce qu'il a appris en formation pour l'appliquer efficacement dans un contexte différent, généralement son milieu professionnel ou sa vie quotidienne.
Voici les points clés pour clarifier ce concept pour votre examen :
1. La dĂ©finition simple Le transfert, c'est le passage du âSavoirâ (ou savoir-faire) acquis en salle au âFaireâ sur le terrain. Si une personne suit un cours sur la gestion des conflits mais continue de crier sur ses collĂšgues le lendemain, il y a eu apprentissage, mais il n'y a pas eu transfert.
2. Les deux types de transfert On distingue souvent deux directions dans le transfert : Le transfert proche : L'apprenant applique les acquis dans une situation presque identique Ă celle de la formation (ex: apprendre Ă utiliser un logiciel spĂ©cifique et l'utiliser sur son poste de travail). Le transfert lointain : L'apprenant adapte des principes gĂ©nĂ©raux Ă des situations nouvelles et variĂ©es (ex: apprendre des techniques de communication et savoir les utiliser aussi bien avec un client difficile qu'avec un enfant Ă la maison). 3. Les dimensions du transfert Pour que le transfert rĂ©ussisse, trois acteurs doivent collaborer (souvent appelĂ© le âtriangle du transfertâ) :
Acteur RĂŽle dans le transfert L'apprenant Sa motivation, sa confiance en soi et sa capacitĂ© Ă voir l'utilitĂ© de la formation. Le formateur Sa capacitĂ© Ă crĂ©er des mises en situation rĂ©alistes et Ă donner des outils concrets. L'organisation Le soutien du manager et la possibilitĂ© rĂ©elle d'appliquer les nouveautĂ©s sans ĂȘtre bloquĂ© par les anciennes habitudes. 4. Pourquoi est-ce difficile ? Le transfert ne se fait pas par magie. On estime souvent qu'une petite partie seulement de ce qui est appris en formation est rĂ©ellement transfĂ©rĂ©e sur le long terme. Les obstacles sont nombreux : Le manque de temps au retour de formation. La rĂ©sistance au changement de l'entourage professionnel. L'oubli (la courbe d'Ebbinghaus). Note importante : Pour votre Brevet, retenez que le transfert se prĂ©pare avant (analyse des besoins), pendant (exercices pratiques) et aprĂšs la formation (suivi, plan d'action).
Souhaitez-vous que je vous aide à rédiger un exemple concret de dispositif de transfert que vous pourriez présenter dans votre dossier de brevet ?
LE TRANSFERE ENTRE FORMATEURS
Dans le langage courant, on pourrait ĂȘtre tentĂ© de dire qu'ils « transfĂšrent » leurs connaissances, mais pour votre Brevet, il faut ĂȘtre plus prĂ©cis. Le terme Transfert est rĂ©servĂ© Ă l'usage que l'apprenant fait de ses acquis sur le terrain.
Pour l'échange entre deux formateurs, on utilise d'autres termes selon l'intention de l'échange :
1. Le Transfert de Pratiques (ou d'IngĂ©nierie) Si un formateur donne Ă un autre ses supports, ses mĂ©thodes ou ses scĂ©narios pĂ©dagogiques pour que l'autre puisse animer la mĂȘme formation, on parle de transfert de pratiques ou de transfert d'expertise. L'idĂ©e : On dĂ©place un âsavoir-faire pĂ©dagogiqueâ d'une personne Ă une autre. 2. La Co-construction (ou Travail Collaboratif) Si les deux formateurs Ă©changent pour crĂ©er ensemble ou amĂ©liorer un cours, on parle de co-construction. C'est une dĂ©marche de mutualisation des compĂ©tences.
3. L'Intervision (ou Analyse de Pratiques) Si l'échange porte sur une difficulté rencontrée avec un groupe ou une astuce d'animation, on utilise souvent le terme d'intervision (trÚs courant en Suisse dans le milieu de la formation d'adultes). C'est un échange entre pairs (égaux) pour apprendre les uns des autres. 4. La Capitalisation des savoirs Dans les grandes institutions de formation, quand on met en commun les informations utiles pour que l'expérience ne soit pas perdue, on appelle cela la capitalisation.
En rĂ©sumĂ© pour votre examen : Situation Terme correct L'Ă©lĂšve applique son cours au travail Transfert d'apprentissage Un formateur donne ses astuces Ă un collĂšgue Partage de pratiques ou Intervision Un expert transmet son dossier de cours Ă un remplaçant Transfert de dossier ou Passation Le petit conseil âBrevetâ : Si vous utilisez le mot âtransfertâ pour parler d'un Ă©change entre collĂšgues devant vos experts, prĂ©cisez bien âTransfert de pratiques professionnellesâ pour ne pas qu'ils pensent que vous confondez avec le transfert pĂ©dagogique (celui de l'apprenant).
Est-ce que cette distinction est claire pour vous, ou voulez-vous que l'on regarde comment intégrer cela dans votre lexique pour le Brevet ?
UNE DĂFINITION POSSIBLE DU TRANSFERT : Le transfert implique la mise en relation et l'adaptation d'un apprentissage dans un contexte nouveau et inhabituel. Il mobilise non seulement des connaissances dĂ©claratives, mais aussi des habiletĂ©s cognitives, mĂ©tacognitives et des dispositions liĂ©es au contexte.
Concevoir le transfert aux 3 niveaux : personnel, interpersonnel, matériel
Intégrer le transfert dans toutes les phases d'apprentissage
Développer des outils d'observation sur le lieu de travail
Gérer le delta planification/animation comme opportunité de transfert
Lecture : [âLe transfert des apprentissages, tout le monde en parle, maisâŠâ](https://pedagogie.uquebec.ca/le-tableau/le-transfert-des-apprentissages-tout-le-monde-en-parle-mais)
Argumentation principale : Samson critique l'illusion d'un transfert automatique et linéaire. Il souligne que le transfert est un processus complexe, contextuel, qui exige des conditions spécifiques souvent absentes des dispositifs de formation.
Aspects factuels relevés : - Le transfert est rarement évalué sérieusement - Les organisations investissent peu dans les conditions de transfert - Les formateurs surestiment leur capacité à faciliter le transfert - La distance théorie-pratique reste un obstacle majeur
ConsĂ©quences pour ma pratique : - IntĂ©grer systĂ©matiquement des dispositifs d'accompagnement au transfert - Co-construire avec les organisations les conditions du transfert - Ăvaluer le transfert Ă moyen terme, pas seulement les acquis immĂ©diats
Contre-argument possible : Samson sous-estime peut-ĂȘtre la capacitĂ© des formateurs Ă dĂ©velopper des stratĂ©gies de transfert intĂ©grĂ©es quand ils ont une comprĂ©hension fine des thĂ©ories du transfert et des outils pour le faciliter.
La métaphore du pont : Le transfert est le pont entre la formation et la pratique. Comme un ingénieur, je dois concevoir ce pont en fonction du terrain (contexte), des matériaux (ressources) et de la destination (objectifs).
Ăvolution de mon rĂŽle : - Hier : Expert du contenu â Je maĂźtrise un domaine et le transmet - Aujourd'hui : Expert de sĂ©quence d'apprentissage â Je conçois des parcours pĂ©dagogiques - Demain : Architecte de transfert â Je construis des ponts entre apprentissage et action
Réalisation concrÚte : Je peux désormais concevoir une formation sur un sujet que je ne maßtrise pas profondément, car je maßtrise l'architecture des apprentissages et du transfert. Je fais intervenir des experts du contenu tout en garantissant le processus d'apprentissage et de transfert.
| Dimension | Lien vers carnet | Lien vers portfolio |
|---|---|---|
| 1. ThĂ©ories du transfert | đ DĂ©tail | đ Preuve |
| 2. Conception dispositif | đ DĂ©tail | đ Preuve |
| 3. Observation terrain | đ DĂ©tail | đ Preuve |
| 4. Gestion delta P/A | đ DĂ©tail | đ Preuve |
| 5. Transfert par autrui | đ DĂ©tail | đ Preuve |
| 6. Ăvaluation transfert | đ DĂ©tail | đ Preuve |
| 7. Retours et intĂ©gration | đ DĂ©tail | đ Preuve |
đĄ *Chaque lien = une page dĂ©taillĂ©e avec ton carnet d'apprentissage + une preuve dans le portfolio.*
| Outil | Utilité | Lien vers détail |
| ââ- | âââ | ââââââ |
| đ Matrice du pont | Concevoir les passerelles entre formation et pratique | đ Matrice |
| đ Grille d'observation transfert | Observer le transfert sur le lieu de travail | đ Grille |
| đ Journal delta P/A | Documenter et analyser les Ă©carts planification/animation | đ Journal |
Clés de réussite identifiées :
Points de vigilance :
â Ce que j'ai appris :
â ïž Ce que je veux amĂ©liorer :
đ ïž Outils maĂźtrisĂ©s :
Conception intégrée du transfert, observation terrain, gestion des adaptations
đ§ Outils Ă approfondir :
Ăvaluation Kirkpatrick niveau 3-4, accompagnement au changement, analyse systĂ©mique des contextes
Comment mettre en Ćuvre dans ma pratique ce qui est vu en cours ?
Je transforme chaque formation en laboratoire de transfert : j'observe sur le lieu de travail, je conçois des prescriptions transférables, je gÚre les imprévus comme opportunités d'adaptation, et j'évalue le transfert réel.
Comment gérer le delta entre planification fine et animation adaptative ?
Ce delta n'est pas un problĂšme mais la preuve que le transfert opĂšre : j'adapte aux personnes, Ă l'environnement, Ă moi-mĂȘme. Je le documente comme trace du processus adaptatif.
Quelle est ma nouvelle identité professionnelle ?
Je suis passĂ©e d'animatrice MDA Ă formatrice experte en processus d'apprentissage. Je peux transfĂ©rer et appliquer la compĂ©tence âconcevoir et animer des formationsâ dans tous domaines, car je suis devenue experte en architecture des apprentissages.
Ma perception du transfert en formation
Pour moi, le transfert en formation correspond au passage entre ce qui est appris en formation et ce qui est rĂ©ellement mis en Ćuvre dans la pratique professionnelle. Il ne sâagit pas dâune simple application mĂ©canique des contenus, mais dâun processus actif, personnel et parfois complexe.
Je perçois le transfert comme un mouvement qui se construit dans le temps, influencĂ© par le contexte professionnel, les expĂ©riences antĂ©rieures, les Ă©motions et le sentiment de compĂ©tence de lâapprenant. Un savoir nâest transfĂ©rable que sâil fait sens, sâil est compris, appropriĂ© et reliĂ© Ă une situation concrĂšte vĂ©cue sur le terrain.
Le transfert suppose Ă©galement un environnement favorable : un cadre sĂ©curisant, un accompagnement adaptĂ© et la possibilitĂ© de tester, dâajuster et de rĂ©flĂ©chir Ă sa pratique. Sans ces conditions, mĂȘme une formation de qualitĂ© peut rester sans effet durable.
Enfin, je vois le transfert comme une responsabilitĂ© partagĂ©e : celle du formateur, qui crĂ©e les conditions propices, et celle de lâapprenant, qui sâengage activement dans la mise en pratique et lâanalyse de ses actions.
â
*Exemple concret : Pour une formation sur la gestion du temps, j'ai identifié que l'organisation manquait d'expertise interne. J'ai fait intervenir un expert du contenu tout en concevant le dispositif pédagogique et les outils de transfert. J'ai également formé un collaborateur interne à animer les sessions futures, créant ainsi un double transfert : des compétences aux participants ET des capacités d'animation à l'organisation.*
Je passe du rÎle de transmetteur de savoirs à celui d'architecte de ponts d'apprentissage. Mon identité professionnelle se transforme radicalement :
Ancienne identitĂ© : Expert du contenu â Je suis valorisé·e pour ce que je sais Nouvelle identitĂ© : Expert du processus â Je suis valorisé·e pour ce que je fais apprendre et transfĂ©rer
Cette évolution implique un changement de posture : - Du contrÎle à la facilitation : Je conçois des cadres qui permettent l'adaptation - De la transmission à la co-construction : J'implique les parties prenantes dans la conception du transfert - De l'évaluation des acquis à l'évaluation de l'impact : Je mesure ce qui change réellement dans les pratiques
Je deviens un médiateur entre théorie et pratique, entre formation et travail, entre individu et organisation. Ma plus-value n'est plus dans ma maßtrise d'un domaine, mais dans ma capacité à créer les conditions pour que les apprentissages se transforment en capacités d'action adaptatives.
Page mise à jour le {{date | Auteur : [Eugénie Decré] | Version : 1.0}}