L’andragogie est la théorie et la pratique de l’éducation des adultes. Contrairement à la pédagogie (qui concerne l’éducation des enfants), l’andragogie repose sur l’idée que les adultes apprennent différemment : ils sont plus autonomes, motivés par des besoins pratiques, et s’appuient sur leur expérience personnelle pour intégrer de nouvelles connaissances.
Source : Knowles, M. S. (1980). The Modern Practice of Adult Education: From Pedagogy to Andragogy. Cambridge, MA: Adult Education Company.
Appelés plus communément « petits groupes » ou « groupes restreints ».
Concept sociologique introduit par Charles Horton Cooley en 1909 désignant un petit ensemble humain caractérisé par des interactions directes, fréquentes et intimes entre ses membres. Ces groupes se forment par association et coopération en « face-à-face », et jouent un rôle fondamental dans la socialisation primaire et la construction identitaire.
Caractéristiques principales :
Exemples typiques : La famille, le cercle d'amis proches, le groupe de voisinage traditionnel, la bande d'enfants.
Concept opposé : Groupe secondaire (relations indirectes, formelles, utilitaires et segmentaires : entreprise, association, administration).
Citation de référence : « Par groupes primaires, j'entends ceux qui se caractérisent par une association et une coopération intime de face-à-face. Ils sont primaires en plusieurs sens, mais surtout parce qu'ils sont fondamentaux dans la formation de la nature sociale et des idéaux des individus. » (Cooley, 1909, Social Organization).
Intérêt dans l'étude des groupes : Le concept permet de distinguer les groupes où prédominent les liens affectifs et identitaires des groupes fondés sur des intérêts ou des rôles fonctionnels, soulignant l'importance des microstructures sociales dans le développement psychosocial.
Cooley, C. H. (1909). Social organization: A study of the larger mind. Charles Scribner's Sons.
« L'habitus selon Bourdieu est un système de dispositions durables et transposables qui guident nos perceptions, nos comportements et nos interactions sociales. »
L'habitus est un système incorporé de schèmes (façons de voir, de juger, d'agir) acquis tout au long de la socialisation. Il fonctionne comme une “matrice génératrice” de pratiques à la fois adaptées aux situations objectives et cohérentes avec la trajectoire sociale de l'individu. Ces dispositions sont intériorisées au point de sembler naturelles et évidentes.
Formation de l'habitus : Il se construit de manière durable et souvent inconsciente à travers :
Caractéristiques clés :
Formule bourdieusienne :
Pratiques = (Habitus × Capital) + Champ
Les actions sociales résultent de l'interaction entre l'habitus d'un agent, les formes de capital (économique, culturel, social) qu'il possède et les règles du champ dans lequel il agit.
Exemple concret : Le “sens du jeu” chez un intellectuel, les manières de table, les choix vestimentaires ou les préférences musicales ne relèvent pas du hasard ou du libre arbitre pur. Ils expriment un habitus de classe, incorporé et naturalisé.
Références principales :
La liminarité désigne un état de transition, de seuil ou de passage entre deux états, identités ou phases de la vie.
Ce concept, issu de l’anthropologie, décrit une période d’incertitude, d’ambiguïté et de transformation, où l’individu n’appartient plus à son ancien statut, mais n’a pas encore atteint le nouveau.
Formalisé par Arnold van Gennep (1909) dans *Les Rites de Passage*, puis approfondi par Victor Turner (1969), le concept de liminarité met en lumière la dimension symbolique et psychologique des passages de vie — notamment dans les rites d’initiation, les changements de rôle social ou les crises existentielles.
Dans le contexte du mentorat, Renée Houde (chapitre 6 de *Le mentor : transmettre un savoir-être*, 2006) utilise la liminarité pour décrire l’espace psychologique et relationnel où l’apprenant, en transition, est ouvert à la transformation. C’est dans ce « temps suspendu », entre l’ancien et le nouveau, que le mentor accompagne l’apprenant dans la construction d’un nouveau savoir-être.
Sources : - Van Gennep, A. (1909). *Les Rites de Passage*. Paris : Émile Nourry. - Turner, V. (1969). *The Ritual Process: Structure and Anti-Structure*. Chicago : Aldine Publishing. - Houde, R. (2006). *Le mentor : transmettre un savoir-être*. Montréal : Éditions du CHU Sainte-Justine. (Chapitre 6 : « Le mentor dans la liminarité »).
Le mitan de la vie est une période de rupture et de réorientation psychique, décrite par Carl Gustav Jung comme une transition du mitan.
Elle survient au zénith du parcours humain — lorsque l’individu peut diviser sa vie en deux moitiés égales — et marque un renversement des valeurs : ce qui était perçu comme vrai en début de vie devient relatif.
À ce tournant, l’adulte passe d’une attitude tournée vers la persona (la personnalité adaptée à l’environnement) à une attitude orientée vers le soi (totalité de la psyché, consciente et inconsciente), engagé dans un processus d’individualisation.
L’objectif n’est plus de « réussir dans la vie », mais de « réussir sa vie » (Languirand, cité par Roberge, 2006, p. 30).
Selon Roberge (2006), cette transition, bien qu’elle puisse s’apparenter à une errance, est un moment clé pour comprendre comment l’être humain traverse les zones charnières entre stabilité et changement, et comment ces passages façonnent l’identité et le sens de la vie.
Source :
Roberge, M. (2006). Les cycles de vie et les transitions. Éditions Liber. (p. 30, citant Languirand ; référence à Jung sur la transition du mitan).
Roberge, M. (1998). Tant d’hiver au coeur du changement : essai sur la nature des transitions.
L'effet de rupture contextuelle, un phénomène par lequel une modification brutale de l'environnement ou des repères sociaux désactive les schémas neuronaux habituels (automatismes, routines cognitives). Cette désynchronisation initiale peut générer un stress et une surcharge cognitive, liés à l'effort d'adaptation et au conflit entre anciennes et nouvelles représentations. Cependant, en désengageant les circuits du contrôle rigide (notamment le cortex préfrontal), elle favorise l'activation du réseau du mode par défaut, propice à la plasticité cérébrale, à l'incubation d'idées nouvelles et à la réorganisation créative des connaissances. Ainsi, d'un inconfort initial peut émerger un apprentissage profond et innovant.
Source pour étayer ce double mécanisme : Oppezzo, M., & Schwartz, D. L. (2014). Give your ideas some legs: The positive effect of walking on creative thinking. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 140(4), 1142–1152.
Dans le champ de la formation d'adultes, le socio-constructivisme désigne un cadre théorique qui postule que l'apprentissage est un processus actif de construction de connaissances et de compétences, médiatisé socialement et situé culturellement. L'apprenant adulte n'est pas un réceptacle passif, mais un acteur qui élabore, seul et avec autrui, son savoir en l'ancrant dans ses expériences, ses interactions et son environnement socioprofessionnel.
Selon BELAIR L., dans l’approche pédagogique socioconstructiviste, les partenaires éducatifs sont en situation de guidance. L’enseignant « n’est plus à l’avant scène » : sa fonction est de planifier, d’accompagner, de suggérer, de soutenir l’étudiant. Si l’enseignant adopte ces postures, la phase d’évaluation n’est plus vécue comme une confrontation sanctionnante, mais comme une véritable collaboration, un moment de communication.
Selon la théorie du conflit sociocognitif (Doise & Mugny, 1997), l'apprentissage…
Doise et Mugny (1997) définissent le conflit sociocognitif comme la confrontation…
Extraits clés à retenir (inspirés de l'ouvrage) :
Cette conception a profondément influencé les méthodes pédagogiques actives en formation d'adultes (apprentissage par problèmes, travail en groupe, analyses de pratiques collectives), où le formateur orchestre délibérément des situations de confrontation productive entre les apprenants.
Source primaire : Selon BELAIR L., L’apport du portfolio dans l’évaluation des compétences, Questions vives, Evaluation et formation, Etats de la recherche en éducation, 2002 ; 1 : 17-38.
Doise, W., & Mugny, G. (1997). Psychologie sociale et développement cognitif. Armand Colin.
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